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  • Florent Vandepitte

"I have a dream", un discours plus que jamais contemporain

Dernière mise à jour : 22 août 2020


Le 28 août 1963, un jeune pasteur noir marque durablement la lutte pour l’égalité des droits, par un discours prononcé devant le Mémorial de Lincoln, l’homme qui a aboli l’esclavage avant d’être assassiné. Martin Luther King prône alors la non-violence et la désobéissance civile pour mettre la pression sur l’administration Kennedy qui prépare une loi sur les droits civiques.


Le pasteur dénonce « l’îlot de pauvreté » sur lequel vivent les Noirs « au milieu d’un vaste océan de prospérité » alors que leur revenu est inférieur de moitié à celui des Blancs. Il dénonce surtout le principe « séparés mais égaux » qui condamne toujours plus de 7 millions de Noirs à vivre dans des quartiers spécifiques dans le sud des États-Unis.


Cette Marche de Washington se concrétise par l’abolition de la ségrégation en juillet 1964. Le Civil Right Act rend en effet illégal la discrimination reposant sur la race, la couleur de peau, la religion, le sexe ou l’origine nationale. Cette même année, Martin Luther King devient le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix. Néanmoins, la société américaine reste gangrenée par la violence, comme en témoigne notamment son assassinat quatre ans plus tard, à Memphis.

28 août 1963, Martin Luther King participe à la Marche "emplois et libertés".


Depuis, les États-Unis semblent avoir accompli des progrès. Chaque troisième lundi de janvier, le Martin Luther King Day célèbre ce combat. L’accession au pouvoir de Barack Obama, en 2008, participe de cette quête d’égalité. Mais l’actualité témoigne des discriminations raciales dont souffre toujours la communauté noire américaine. Le mouvement « Black Lives Matter » (« Les vies noires comptent aussi ») tente ainsi de lutter contre les fréquentes bavures policières dont sont victimes les Noirs.


Les écarts entre les communautés restent conséquents. Alors qu’il représente 12,3 % de la population totale des États-Unis, 23 % des personnes tuées par la police américaine en 2017 étaient Noirs. A crime égal, les peines reçues par des hommes noirs en comparaison avec les hommes blancs sont près de 20 % plus lourdes. Un homme noir à six fois plus de risque de se retrouver en prison qu’un homme blanc. Même les acquis des années 1960 sont contestés, à l’instar des places réservées dans les universités, en voie de suppression, avec le soutien de l’administration Trump.

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