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  • Florent Vandepitte

1848, une Révolution peut en cacher une autre

Dernière mise à jour : 22 août 2020

A travers l’instauration du suffrage universel masculin ou encore l’abolition de l’esclavage, la IIe République demeure souvent dans les mémoires comme le régime de tous les possibles. Elle consacre en effet le principe d’égalité entre ses citoyens dans le droit ou encore celui de liberté et du respect des droits de l’homme à travers l’abolition de la censure ou la fin de la peine de mort pour crimes politiques.


Pourtant, après l’effervescence de février 1848, le contrat social émancipateur qui soutient la République est malmené. Très vite, les tensions reprennent au sein même du camp républicain en même temps que les barricades resurgissent dans Paris. Les élections d’avril 1848 permettent en effet l’accession au pouvoir d’une majorité conservatrice ralliée sur le tard à la révolution, ce qui multiplie les sujets de divergences entre les partisans d’une République conservatrice et ceux qui soutiennent une république plus radicale.



Le 21 juin 1848, le nouveau gouvernement décide de dissoudre les ateliers nationaux, des coopératives de production gérées par l’État qui fournissent du travail aux ouvriers. Une nouvelle révolution secoue alors la capitale. Mais contrairement à celle de février 1848, elle rassemble surtout des ouvriers et non plus des artisans. Les révolutionnaires de juin sont dès lors très vite présentés comme des ennemis de la République. Le régime en place instrumentalise la violence révolutionnaire pour dénoncer cette tentative de déstabilisation.


La IIe République fait alors preuve d’une sévère répression pour lutter contre ces dangereux révolutionnaires. 18 000 personnes sont arrêtées dans toute la France, parmi lesquels les principaux leaders socialistes qui sont envoyés au bagne. La République résiste mais la lutte contre les révolutionnaires de juin divise profondément la société française et facilite le retour un régime autoritaire que consacre le coup d’État du 2 décembre 1851 qui permet au président élu en 1848, Louis Napoléon Bonaparte, de recevoir les pleins pouvoirs avant de créer le Second Empire un an plus tard.


Le socialiste Louis Blanc, membre du gouvernement provisoire en 1848, est écarté à la suite de la révolution de juin dont il est présenté comme l'un des instigateurs.

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